MON PANIER

    Pour affiner la recherche, utilisez les filtres ci-dessus 

A la une

Le corps des femmes

La Cause du désir, n° 89

Série limitée (retirage) !

16.00 

en stock

Quantité :

Ce numéro est à lire comme une enquête. Comment la psychanalyse d’orientation lacanienne éclaire-t-elle aujourd’hui le continent noir dont parlait Freud ? Et, quelle relation chaque femme, une par une, a-t-elle avec ce corps, son corps, dont la féminité, qui le plus souvent lui est renvoyée par le regard des autres et l’Autre du langage, lui apparaît, lorsqu’elle-même la rencontre, d’abord énigmatique ?

Un introuvable de Lacan, des inédits de Jacques-Alain Miller et de Christine Angot, deux entretiens, avec Blandine Savetier, metteure en scène, et David Mallett, coiffeur, et une série de textes issus de l’expérience analytique : c’est la psychanalyse à l’oeuvre ! Sans oublier notre dette envers Charlie… 


SOMMAIRE :

Éditorial, Marie-Hélène Brousse

Note sur le père, Jacques Lacan

Merci Charlie

Le corps des femmes

Entre fantasme et symptôme

Modulations, Rose-Paule Vinciguerra
Puisqu’une femme est symptôme d’un autre corps, Pierre Naveau
Celui de l’autre femme, Aurélie Pfauwadel
Urgence de vie, Philippe Lacadée
La fabrique du corps féminin, de Lacan à Catherine Millet, Clotilde Leguil

C’est politique
À qui appartient le corps des femmes ?, Véronique Voruz
Deux fondamentalismes opposés mais convergents, Marco Focchi

Corps en morceaux : là où était le blason, des pièces détachables
Une femme de moins, Natacha Michel
Les cheveux – Capturer l’image, entretien avec David Mallett
Le vêtement – Une dégaine, Juliette de Halleux
Le sang – Logique d’un fluide, Marie-Hélène Brousse
La marque – … fait La femme, entretien avec Benoît Heilbrunn
Le butin – Prises de guerre, Bénédicte Jullien

Mises en scènes
Plateau incandescent, entretien avec Blandine Savetier
Femmes étalons, Laurent Goumarre
Super corps, Sandrine Corouge
Un corps scénarisé, Francesca Biagi-Chai
Elle a ri, Sarah Abitbol

La psychanalyse au XXIe siècle
Médée à mi-dire, Jacques-Alain Miller
Mèrefemme, Jacques-Alain Miller

Restes
Rouge Baiser, Michèle Elbaz
Météo des mères, Danièle Lacadée Labro
Vie et destin d’un bout de langue équivoque, Anaëlle Lebovits-Quenehen

Cas
L’horreur d’être grosse, Guilaine Panetta
L’in-femme, Deborah Gutermann-Jacquet
Les nouvelles mères-crocodiles, Hélène Bonnaud
Je l’aime, elle, Sylvie Goumet

Lettres
La poubelle, Christine Angot
L’escabeau de Yayoï Kusama, Nicole Treglia

Archives Lacan
Détournement de miroir, Laura Sokolowsky

Le feuilleton
Pourquoi l’hypothèse d’une structure autistique ? (III), Jean-Claude Maleval

L’attrape-regards
L’avenir d’une illusion : le phallus baladeur, Philip Metz

 


ÉDITORIAL : « LE MYSTÈRE DE SA PROPRE FÉMINITÉ,  SA FÉMINITÉ CORPORELLE… »

Marie-Hélène Brousse

Jacques Lacan énonce cette formule à propos de la Dora de Freud[1]. Ce numéro est donc à lire comme une enquête. Là où en est parvenue la psychanalyse d’orientation lacanienne, comment la théorie éclaire-t-elle aujourd’hui le continent noir dont parlait Freud ? Et, par ailleurs, quelle relation chaque femme, une par une, a-t-elle avec ce corps, son corps, dont la féminité, qui le plus souvent lui est renvoyée par le regard des autres et l’Autre du langage, lui apparaît, lorsqu’elle-même la rencontre, d’abord énigmatique ?

Actualité épistémique et politique
La rédaction de LCD a choisi ce thème à partir d’une double actualité. Psychanalytique d’abord : les 44es Journées d’étude de l’École de la Cause freudienne, sur le thème « Être mère », en novembre, ont permis d’avancer sur la maternité, en tant qu’elle est toujours une expérience de corps marquante, et le prochain Congrès de l’Association Mondiale de Psychanalyse sur le thème « Le corps parlant » qui engage à questionner le corps parlant côté femme. Mais l’actualité tout court exhibe une multiplication des atteintes aux droits des femmes comme des violences qui leur sont faites, à tel point qu’en certains lieux de la planète, ces actes et ces discours, non seulement justifient les formes les plus traditionnelles de ségrégation et d’oppression, mais en produisent de nouvelles, plus brutales encore.

Attentats : viser l’être autre
Nous étions en plein travail sur ce numéro quand ce fut le 11 janvier. Les deux attentats, l’un contre des caricaturistes, l’autre contre un hypermarché casher, produisirent l’interprétation dans le réel d’un « je n’en veux rien savoir » généralisé. Les humoristes de Charlie Hebdo avaient, lors des menaces qui avaient pesé sur la psychanalyse, mis leurs crayons et leurs talents au service de sa défense. L’antisémitisme est une vieille connaissance de la psychanalyse, épinglée par le passé de « science juive ». Les livres de Freud, comme il le mentionne lui-même dans une lettre de 1938 à la rédaction du magazine anglais Time and Tide, furent détruits par le régime nazi, avant que celui-ci ne s’en prenne aux corps vivants[2]. Parmi les humoristes assassinés, une femme, psychanalyste : Elsa Cayat. Une autre femme, rabbin, Delphine Horvilleur, en a prononcé l’éloge funèbre dans le respect de sa laïcité et la fidélité à son goût pour le rire. À divers titres, la psychanalyse était concernée.
Dans ces attentats ce qui était visé, dans son existence même, était l’être autre.

Le sexe autre
LCD se vit donc renforcée dans le choix du thème de ce numéro. L’être autre, y compris à soi-même, caractérise le féminin. C’est, en écho à Lacan dans Encore, titre dans lequel résonne le corps, l’hétéro-sexe par excellence.
Cette autreté est de toujours : pas de société qui n’ait cherché d’une manière ou d’une autre à la mettre à part, dans une tentative vouée à l’échec d’en faire un ensemble consistant et par là de lui assigner une place. Mais rien n’y fait, sauf réduire le sujet à un corps sans parole. Et encore ! On a beau les mettre sur un piédestal, les garder au coeur des maisons ou encore dans des espaces ségrégatifs, bref les avoir à l’oeil, « l’autreté » de ces corps parlants contamine jusqu’au signifiant-clef du désir. Effacé, il fait encore retour là où on ne l’attendait pas.

Le corps des femmes au temps de l’évaporation du Père
Ce numéro se place sous l’égide de la « Note sur le Père », courte intervention que fit Lacan en 1968. Il y introduit « l’évaporation du père » qui caractérise la période historique dans laquelle nous sommes. Or c’est sur cette fonction paternelle que s’appuyait le système symbolique dans lequel le corps des femmes était défini. Que se passe-t-il alors quand elle s’évapore ?
Le dossier, résolument à l’heure du XXIe siècle, développe les nouvelles réponses que l’expérience analytique permet d’avancer sur ce point. Du savoir nouveau sur le corps des femmes est produit par l’actualisation de références classiques en psychanalyse, son approche par la place des objets dans la clinique, et les leçons de sa montée sur les scènes des discours contemporains, qu’ils soient politique, économique, religieux, artistique ou juridique.
Deux textes de Jacques-Alain Miller y opèrent une scansion centrale dans le labyrinthe que constitue pour chacune et chacun ce qu’il nomme le « Mèrefemme », sortant de ce qui n’est qu’un apparent binaire. Ainsi éclairés, les témoignages des analystes de l’ECF, comme les cas cliniques, apparaissent comme autant de variations sur le trajet d’une cure qui construit, pour chacune, une solution singulière à l’énigme que lui pose sa féminité corporelle.
Dans Archives, un article sur une référence lacanienne montre qu’un miroir ne sert pas seulement à s’y trouver belle !
Chose rare, une femme écrivain, amie de la psychanalyse, Christine Angot, nous offre une livre de chair, la sienne. Un autre artiste, Philippe Metz, montre comment un processus de création, « L’attrape-regards », ne s’effectue pas sans l’inconscient réel.
Les artistes de Charlie avaient donné pour la psychanalyse trois caricatures comiques. Cette fois, même générosité, ils nous ont donné l’autorisation d’en ajouter trois autres, de Wolinski, sur les femmes. Pour les célébrer et rire, même jaune, LCD vous les propose.
Car, « si la vérité du sujet, même quand il est en position de maître, n’est pas en lui-même, mais, comme l’analyse le démontre, dans un objet, de nature voilé – le faire surgir, cet objet, c’est proprement l’élément de comique pur »(3]. Cherchez l’objet ! Vous y trouverez peut-être quelque chose d’une femme. Car La femme, personne ne l’a encore trouvée. « The lady keeps vanishing », pour parodier Hitchcock qui s’y connaissait en corps de Blondes…

 

1. Lacan J., « Intervention sur le transfert », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 220.

2. Freud S., Oeuvres complètes, Standard Edition, Hogarth Press, Londres, 1964, t. XXIII, p. 301 : « I came to Vienna as a child of 4 years from a small town in Moravia. After 78 years of assiduous work I had to leave my home, saw the Scientific Society I had founded, dissolved, our institutions destroyed, our Printing Press (‘Verlag’) taken over by the invaders, the books I had published confiscated or reduced to pulp, my children expelled from their professions. »

3. Lacan J., Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1973, p. 10.

 

Auteur

Éditeur

,

Date de publication

2015

Nombre de pages

176

EAN

9782905040893

Poids 0.320 kg
Loading...

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer