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Ce que tu me vois

Photographies accompagnées de textes de Jean-Paul Gavard-Peret

Disponibilité : 4 en stock

29.00 

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Quantité :
Référence : 9791069932494 Série : Thématiques : ,

Ce que tu me vois est un livre de photographies en noir et blanc portant sur la féminité. Chaque photo de l’ouvrage, habille de voile en même temps qu’elle dévoile le corps d’une femme entre toutes.

Les photos de cet ouvrage sont toutes des prises au smartphone. Le noir et blanc en accentue les formes, les lumières, les ombres. Il permet de jouer sur les tons et les contrastes, rapproche l’image de l’épure, du dessin, de la peinture, la sort sciemment de son temps, pour la projeter dans une narration. La mise au point, souvent faite à l’extérieur du sujet principal de la photo, permet d’obtenir un léger effet de flou sur les visages ou sur les corps.

Cet ouvrage rassemble une partie du travail sur la disparition que Sylvie Aflalo-Haberberg poursuit. Il est centré sur la féminité. Par l’effacement du visage, ou par la focalisation sur une partie du corps, il renvoie à une féminité sans identification qui peut surgir de la coupure qu’opère le cadrage ou de la composition même de la photo. Par l’élision, le corps féminin s’évoque et se reconstitue. Ce découpage vise à mettre en lumière une poétique de la féminité.

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Sylvie Aflalo-Haberberg a commencé la photographie en 2016. Son travail revendique son appartenance au XXIe siècle. Sa démarche : prendre l’outil banal qu’est le smartphone pour regarder et photographier ce qui ne se donne pas à voir, en créant un langage qui vise à inscrire la durée dans la photographie. Le smartphone banalise l’usage de la photo et met en relief que ce qui la distingue, c’est la singularité du regard. Sylvie Aflalo-Haberberg utilise le smartphone, objet paradigmatique de notre modernité, comme un ready-made : elle en détourne l’usage courant en prenant le parti d’une mise en scène sophistiquée de ses photos, dont certaines ne dédaignent pas une certaine référence académique. C’est ce qu’elle « poste » ensuite sur les réseaux sociaux pour faire trou dans le flux usuel des innombrables images, le plus souvent banales. La composition de ses photos vise donc à subvertir le principe même des images 2.0.

L’usage du noir et blanc accentue les formes, les lumières, les ombres. Il permet de jouer sur les tons et les contrastes. Il rapproche l’image de l’épure, du dessin, de la peinture. Il la sort sciemment de son temps, pour la projeter dans une narration. La mise au point, souvent faite à l’extérieur du sujet principal de la photo, permet d’obtenir un léger effet de flou sur les visages ou sur les corps.

Cet ouvrage rassemble une part du travail sur la disparition que Sylvie Aflalo-Haberberg poursuit. Il est ici centré sur la féminité. Par l’effacement du visage, ou par la focalisation sur une partie du corps, il renvoie à une féminité sans identification. La féminité peut surgir de la coupure qu’opère le cadrage ou de la composition même de la photo. Par l’élision, le corps féminin s’évoque et se reconstitue. Ce découpage vise à mettre en lumière une poétique de la féminité.


Sommaire

LE TRANSPORT AMOUREUX

CE QUE TU ME VOIS

OSER LE TU

NAINES BRUNES, NAINES BLANCHES

INANNULABLE MOINDRE

ÉROTIQUE DE L’IMMANENCE

L’IMMANENCE FÉMININE

LA DOULEUR DU JOUR

UNE AUSSI LONGUE ABSENCE

FEMMES DE S.

LES « SAINTES »

PASSAGÈRE

L’ÉCLAT NOIR DU VIVANT

PETITE SUITE

ÉLOGE DU SECRET

LE SILENCE HABITÉ DE LA FEMME

EXERCICE DE LÉGÈRETÉ

LE REMPART DES MÉDUSES

DORA, L’EXPLORATRICE DES HORIZONS MYSTÉRIEUX

ENTRETIEN AVEC L’ARTISTE

FENÊTRES SUR LE VERTIGE

RÉSERVE ET ABANDON

CORPS ET CONTRE-CORPS

L’IMAGE DU SILENCE

DIDASCALIES DU SILENCE

ENTRE OMBRE ET LUMIÈRE

TABLE DES TEXTES

TABLE DES PHOTOGRAPHIES

REMERCIEMENTS


LE TRANSPORT AMOUREUX

 

Sylvie Aflalo-Haberberg ne cherche plus à rassembler un monde mais à le défaire. Sans doute selon une discontinuité douloureuse loin de toute consolation possible. Pour autant tout espoir n’est pas perdu. Le corps résiste en dépit d’ictus qui, en ponctuant l’absence et la disparition, les renforce.

La chaîne visuelle que la photographe construit crée au fil du temps une souffrance qui, peut-être, ne se reconnaît plus pour telle,  emplit l’espace de sa sourde mélopée par la rythmique de l’imaginaire. Elle impose un tempo uniforme au sein de scènes qui ne sont que suggérées.

L’œuvre devient la source d’une mélodie défaite avec l’affirmation d’un manque, d’une incertitude. Elle exprime la perte irrémédiable. A ce moment, nul ne sait si la ou les femmes auxquelles Sylvie Aflalo-Haberberg se rattache l’écoutent, la voient. Peut-être pas plus que le spectateur ne les voit elles-mêmes.

La créatrice reste attachée à elles désespérément en un au-delà de souffrance, comme si celles qu’elle scénarise étaient atteintes d’un mal affectif sans remède. Le vain déploiement de l’image ne peut accorder de repos à la disparition.

Restent des moments de sursis et des appels parfois dans le seul tempo des pas, parfois dans une prostration sourde. Sylvie Aflalo-Haberberg crée une musique du silence : c’est ce que l’imaginaire produit de plus intense à travers la « disparition » de femmes dont il ne reste parfois que des fragments séduisants. Ils deviennent ce fond de souffrance, mais peut-être de consolation, voire de « bonheur » qui justifie l’œuvre et sa nécessité.  Mais celle-là ouvre une zone dans l’esprit ou plutôt  dans l’émotion qui ne peut être atteint que par la photographie. La femme y est centre et absence.

Sa disparition ou son attente peut donc se célébrer en cette partie cachée d’une réalité secrète que la photographie souligne.  D’une certaine manière, elle n’exprime pas la vie. Si bien que nous pouvons regarder le monde phénoménal d’une part, et l’image d’autre part.

La créatrice se rapproche d’une forme pure qui exprime, de la vie et de ses événements, une quintessence où les mouvements émotifs s’effacent sauf en de rares moments où le corps semble s’emballer pour rejoindre un souterrain ou atteindre au haut d’un escalier un (im)possible rendez-vous.

La photographie devient la forme idéale pour souligner le manque. Sylvie Aflalo-Haberberg la conduit vers un point de non-retour, là où, du corps, ne demeurent que des ondulations parfois lascives dans un mouvement de retrait.

Jouant, toujours, sur les mêmes variations, les mêmes extinctions, la photographe refuse le piège « descriptif », elle refuse de faire vibrer l’écume, le simple désordre émotif des mouvements du corps. Elle s’en tient à l’écart, en un lieu plus profond, là où le portrait semble échapper à lui-même.

Restent des « durations » ou des passages propres à suggérer moins des effets nostalgiques, que des variations sur la perte et l’absence. L’espoir aussi. Mais le sentimentalisme semble toujours hors de propos comme s’il risquait de gâcher le chaos à moins qu’il ne le renforce au nom d’une seule injonction : « Il faut continuer, je dois continuer, je ne peux pas continuer, il faut continuer » (Beckett dans L’Innommable). Elle devient la règle existentielle et esthétique comme imposée à la créatrice.

D’où cette éternelle vadrouille intérieure entre la vie et la mort. L’image remplace le discours pour mieux l’exhausser à l’approche d’un sommeil sans réveil et sans fin comme si l’infini du tempo répétitif absorbait enfin le temps.

Matière première restée première, intransformable, l’image en renforce l’épuisement. Elle devient une des manières de surmonter le funeste penchant de l’expression.  D’où le goût prononcé parfois par l’artiste à ne montrer parfois que des « cadres » vides comme si la recherche des schémas vitaux du corps achoppait sur leur déconstruction puis leur disparition.

Il n’empêche que chaque photographe représente comme tout acte de création  un acte de résistance en ce qui est infiniment perceptible et peut-être inexplicable pour le regardeur qui assiste là à la marche forcée d’un transport amoureux.

De la confrontation avec chaque image, apparaît un lieu à la fois et d’avant et d’après l’amour. Mais jamais pendant. Comme si l’amour ne pouvait fonctionner qu’en se détraquant en une expérience de la perte poussée à bout avec cet espoir sans doute secret : l’amour et rien que lui, car il demeure la chose la plus rare et la plus mystérieuse qui soit.

Ce qui remonte, proche du silence, devient pourtant plus strident qu’un cri. C’est le paradoxe d’une œuvre : le silence parle encore le silence. Sylvie Aflalo-Haberberg va à l’extrême du soupir, en un lieu où l’image, tel un fantôme, ramène aux ombres et rayonne de leur absence.

Faut-il voir dans ce mouvement vers le néant l’effet d’une pulsion de mort ? N’existe-t-il pas plutôt une sorte de suggestion qui va cascando en un retrait incessant entre la défection et le manque ?

En ce dernier chant sombre de solitude, la femme est toujours seule à l’image. Elle est portée  parfois par un mouvement d’envie, de colère. Mais le plus souvent elle demeure en une inertie physique. Enfin, ne reste que des lieux vides. Ils abritaient jadis des moments de séduction ou de plaisir. N’en demeurent que des « restes » (miroir, lit) dans l’écartèlement entre un désir et la transposition plastique d’un manque.

C’est là l’originalité de l’imaginaire de Sylvie Aflalo-Haberberg, sa voie nouvelle entre émergence et engloutissement. On peut appeler cela « la musique de chambre » de la créatrice où demeure la partie la plus originale de l’œuvre.

En fragments d’images, l’artiste soulève le voile sur un mystère qui néanmoins reste entier. Tout ce qui peut se dire tient à la surprenante puissance d’effacement là où pourtant l’art reste de l’image avant toute chose.

L’œuvre possède quelque chose d’impalpable, riche d’une vérité fondamentale où la créatrice semble à la fois partout et nulle part.

Preuve qu’il n’existe là, non une autofiction, mais une fable existentielle, là où un fantôme oppose sa densité au glissement du temps. Entre un « qui je suis » et un « si je suis », la femme sembla chercher du réconfort et n’en  trouva aucun.

Telle peut-être la fin. Ou peut-être son suspens. Voire sa possible réversion. L’alchimie iconique devient d’un nouvel ordre. A l’opposé d’une avancée à la verticale, elle se tourne vers le forage, la découverte de nouvelles profondeurs, de nouvelles zones d’ombres autour de la blessure de l’être. Là où paradoxalement le masque est parfois présent pour cacher l’irréalité de l’être, son manque foncier. Il en devient l’indépassable paroxysme.


Voir et lire aussi :

http://www.lelitteraire.com/?p=48139&fbclid=IwAR1NpVC4UxYHTshi4qLcvgW9SxD0vEnvulqklEnwECNwoGa_xiUHoi1CohI

http://www.t-pas-net.com/libr-critique/chronique-5/?fbclid=IwAR0gNIkTiVk8OdZggsJYP1GrBwLJZvorLRnK52fNH1Wx5IzmM6PNioMZ6Jg

https://fr.calameo.com/read/00514340557b43f8fcc9e?fbclid=IwAR2Y9J8Bc2hDvBCjjN96ZUvcvSxBeAwEu1deFGszXcKnluu5UkCkBim2xRE

http://www.lelitteraire.com/?p=29123&fbclid=IwAR08apc5efOM15Qr8k4fR80Kr-BRCE1BuPZYnmWFXB_G_qWHgjkQCDDdSAo

https://loeildelaphotographie.com/fr/paysages-deros-entre-solitude-et-attente/?fbclid=IwAR3bi1cGnycjW3GX7QFgBNRUqtMN-

 

Auteur

Date de publication

2019

Nombre de pages

180

Poids 1.01 kg
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